ILIMBE-ILIMBE

26 juillet 2020

Tares, faiblesses, regards rétrospectifs sur un conflit d'hégémonie en devenir. Par NDOUMBE MARCELIN NYA MULIMBA

Dans un exercice démonstratif d’une grande clarté expertale, NDOUMBE Marcelin Nya Mulimba  apporte des éléments de compréhension précis face aux velléités hégémoniques de nos voisins MPO’O et MBOG.

Soulignant la spécificité des Malimba et des Pongo-Songo, l’auteur propose un cadre alternatif de redécoupage aux défenseurs d’une « grande Sanaga-Maritime » tronquée et truquée.

Lisez plutôt cet extrait du quotidien LE MESSAGER du 23 Juillet 2020

 

PROJET DE CREATION DE LA REGION DE LA SANAGA-MARITIME :

Tares, faiblesses, regard prospectif sur un conflit d’hégémonie en devenir

Depuis bientôt trois décennies, certaines communautés de notre pays réclament de nouveaux découpages administratifs ou de nouvelles régions. Cependant, nous remarquons avec force et désolation que ces revendications ne s'appuient sur aucun fondement culturel, sinon sur une base essentiellement ethnique, malgré le fait que cette chirurgie tribale ne puisse se faire sans englober d’autres communautés aux origines différentes. Tant il est vrai que de nombreux brassages liés aux migrations, aux unions et aux accidents de l’histoire ont créé une proximité, un voisinage et une relative acceptation de l’autre.

Faut-il remettre tout cela en question au moment où, presque partout dans le monde, l’heure est aux grands regroupements ?

LA SANAGA MARITIME EN QUESTION.

A l’origine était la « Grande » Sanaga Maritime qui abritait les communautés Bassa’a, Bati, Elog Mpo’o (Bakoko), Ndonga, Pongo Songo et Malimba. Avec l’évolution récente des découpages administratifs, la « Grande » a éclaté, laissant place à deux départements, la Sanaga Maritime (Région du Littoral) avec les mêmes entités ethniques ci-dessus et le Nyong et Kellé (Région du Centre) avec une partie de la communauté Bassa’a.

En plus simple, on retrouve quatre communautés, notamment : Bassa’a, Bati, Mpo’o, Sawa.

Le peuple Bassa’a pose donc le problème de la dislocation de leur communauté et de son éparpillement dans plusieurs régions du Cameroun parmi lesquelles : le Centre, le Sud, le Littoral, le Sud-Ouest, et propose la création sur une base tribale d’une région de la « Grande Sanaga Maritime ». Ces derniers s’appuient sur trois communautés aux origines et cultures voisines d’après eux et qui, disent-ils, sortiraient toutes de la grotte sacrée de Ngog Lituba : Les Bassa’a, les Bati, les Mpo’o.

A priori, on remarque dès lors, de par leur raisonnement, qu'ils excluent les Sawa que sont les Malimba et les Pongo Songo qui, eux, ne sortent pas de la grotte sacrée.

LA CREATION DE LA « GRANDE SANAGA MARITIME » RESOUDRAIT-ELLE LE PROBLEME DE LA COMMUNAUTE BASSA’A TEL QUE POSE ?

La réponse est négative. Il y aurait toujours les Bassa’a dans quatre régions : la Grande Sanaga Maritime (à créer), le Sud, le Littoral, le Sud-Ouest. On n’aura fait que sauter pour retomber sur nos pieds, à moins que le peuple Bassa’a (nouveau) se désolidarise des autres Bassa’a qui seront en dehors de la nouvelle région.

QUE DIRE DES MPO’O ET DES SAWA ?

Au sein de ce regroupement, les Mpo’o sont de loin la communauté la plus éparpillée. On les retrouve dans les régions du Sud, du Littoral, du Sud-Ouest et ailleurs, en évitant de réveiller d’autres susceptibilités liées à l’histoire des peuples. La transformation de la Sanaga Maritime en Région ne changerait en rien leurs problèmes de tous ordres, au contraire, Edéa qui est leur capitale naturelle et en même temps celle tout aussi naturelle du département et éventuellement de l’hypothétique Région serait l’objet de toutes les convoitises et  batailles.

Les Sawa (Malimba et Pongo Songo) sont les minoritaires, les marginalisés et les laissés pour compte dans la grande réflexion des Bassa’a. Tout comme les Mpo’o, ils se retrouvent dans les régions du Sud, du Littoral et du Sud-Ouest. Leur situation en terme de représentativité et de reconnaissance s’aggraverait dans une Région à créer, les éloignerait et  isolerait davantage de leurs frères de sang.

LES SPECIFICITES DES MALIMBA

Il faut à la vérité reconnaître deux choses :

1- Le Département de la Sanaga Maritime sans les Malimba n’est pas « Maritime » car la mer (l’Océan Atlantique) est à Malimba, entre l’embouchure du Nyong et l’estuaire du Cameroun (Wouri).

2- La Région du Littoral sans les Malimba n’est pas « Littoral » pour les mêmes raisons évoquées plus haut, le littoral est à Malimba.

En créant une Région de la Sanaga Maritime sans les Malimba, il faudra substituer un qualificatif à « Maritime ». A contrario, en y incluant les Malimba c’est la Région du Littoral qui devra changer de nom car elle n’aura plus de littoral. Dans l’un ou l’autre cas, on aura besoin des Malimba si on veut s’accrocher aux appellations.

Bien que minoritaires, les Malimba ont joué des rôles très importants dans le département, dans la région et dans le pays tout entière. Dussé-je rappeler les faits suivants :

  • Les Malimba s’étaient opposés à la traite négrière et les comptoirs d’embarquement des esclaves s’étaient déplacés à Bimbia dans le Sud-Ouest.
  • Les Malimba étaient les premiers à signer une convention avec les Européens (Français) le 19 avril 1883. Ce mauvais traité, fort heureusement n’avait pas été ratifié par le parlement français.
  • Après l’échec de ce traité et à la suite de leurs frères Douala, ils signeront deux traités avec les Allemands en juillet et Août 1884.
  • Les premiers martyrs de la côte, assassinés par les Allemands étaient Malimba : le roi EBOUE ETONGO (King Nyambé) et son fils, le prince héritier MBEKE EBOUE. C’était le 18 janvier 1890 à Malimba, c’est-à-dire près de 25 ans avant DOUALA MANGA et NGOSSO DIN dont le martyre a été reconnu. Cet assassinat a été à l’origine de la guerre Germano-Malimba qui a décimé la population Malimba.
  • Le tout-premier maire de la ville d’Edéa était le Chef Supérieur des Malimba, DIKANDA Henri.
  • Les auteurs-compositeurs de l’hymne de la Sanaga que tous les Sanaga Marins chantent en chœur sont Malimba : Philippe SEPPO A MOUKOKO et EKAM BODJONDE.
  • Les Malimba ont mené de grandes campagnes d’évangélisation dans toute la sous-région, jusque dans le pays Bulu.
  • Le pasteur JOCKY, un Malimba était le premier président de l’Eglise Evangélique du Cameroun et Martin ITONDO était l’un des principaux acteurs de la traduction de la Bible en langue Douala.
  • Les femmes Malimba ont contribué à l’essor de la plupart des chefferies à Douala dont elles étaient les reines.

C’est donc ce vaillant peuple qui est ignoré dans les velléités de constructions régionales en cours, lui qui a pourtant son mot à dire et dont l’avis mérite d’être pris en considération.

QUE PENSENT LES MALIMBA ET PONGO SONGO ?

L’heure est aux grands regroupements. La multiplication des micros régions, de notre point de vue, ne résoudrait pas les problèmes. Une décentralisation efficiente permettrait de résoudre le problème posé par nos frères Bassa’a. Aujourd’hui, les Bassa’a du Wouri, du Nkam ou du Sud-Ouest se sentent-ils plus proches de ceux du Nyong et Kellé que de leurs voisins Sawa avec qui ils partagent depuis lors la culture et les patronymes ?

Les pistes de réflexion sont nombreuses s’il faut à tout prix regrouper ceux des Bassa’a géographiquement proches. On peut réfléchir à la création d’un grand département du Nyong et Kellé qui en plus des limites actuelles inclurait Ngwéi, Pouma, Massock, Ngambè, Ndom, Nyanon, etc… Ce nouveau département qui aurait un nouveau chef-lieu (Pouma par exemple) pourrait militer pour un rattachement, soit à la Région du Littoral, soit à celle du Centre.

Les SAWA de la Sanaga Maritime actuelle préféreront rester dans la Région du Littoral quels que soient ses nouveaux contours éventuels.

 

Marcelin NDOUMBE

Nya Mulimba

MALIMBA-PONGO-SONGO

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30 mai 2020

QUI SONT LES MALIMBA? QUI SOMMES-NOUS? ( 2eme partie) ParNDUMB’A MULIMBA

QUI SONT LES MALIMBA? QUI SOMMES-NOUS?

(2ème partie)

(Par NDUMB’A MULIMBA)

Après la parution du 24 mai 2020 visant à nous permettre de poser les premiers jalons dans la connaissance de Nous-Mêmes, nous pouvons évoluer avec méthode et logique. N’étant ni anthropologues, ni historiens, ni mêmes connaisseurs, nous attendons des contributions pour évoluer quitte à nous ajuster chaque fois qu’il y aura des éléments probants.

Nous appuyant sur un article paru dans ce blog le 01/10/2009 et non contesté à ce jour « Les origines lointaines et proches des Malimba », nous pouvons répondre à notre dernière interrogation :

Les Malimba seraient des descendants de deux fils de Mbèdi, Ilimbè (né vers 1622) et Mooh (né vers 1639)

Parmi les enfants mâles d’Ilimbè, il y aurait Ilunguè (aîné), suivi d’Iloï, puis d’Ihènjè et d’ilonguè (benjamin).

L’article du 01/10/2009 ajoute un 5ème enfant du nom de Bwembè à Ilimbè et informe que le descendant connu de Mooh est Boongwè (né vers 1683).

A ce stade, les principales interrogations sont les suivantes :

1)     Ilimbè avait-il quatre garçons ou cinq ?

2)     Pourquoi la descendance de Bwembè a préféré se lier à celle de Boongwè pour former les Boongo au lieu de se singulariser comme les autres ?

3)     Bwembè était-il donc le fils d’Ilimbè ou celui de Mooh ?

4)     Mooh avait-il d’autres enfants avant Boongwè ? La différence d’âge entre les deux serait d’environ 44 ans : ce qui paraît énorme dans des conditions de vie normales.

En attendant des éclairages nouveaux, nous avançons dans la reconstruction/connaissance de notre arbre généalogique.

Un arbre étant constitué de racines, du tronc et des branches avec leurs différentes ramifications se terminant par des feuilles, les racines étant connues, nous proposons ci-dessous ce que nous estimons être le « tronc » de l’arbre généalogique composé des fils aînés depuis ILIMBE.

ILIMBE

ILUNGUE fils aîné d’ILIMBE

MUBELA fils aîné d’ILUNGUE

MUEMBE fils aîné de MUBELA

EMANDE fils aîné de MUEMBE

SONG fils aîné d’EMANDE

JOCKY fils aîné de SONG

SONG fils aîné de JOCKY

BETOTE fils aîné de SONG

SONG fils aîné de BETOTE

BETOTE fils aîné de SONG

XXXXXXX La progéniture de BETOTE Fülher a complètement disparu

Cette même approche pourra être faite pour ce qui concerne ILOÏ, IHENJE, ILONGUE, BWEMBE et BOONGWE et par la suite, nous trouverons les différentes ramifications des branches principales.

Nya Mulimba  

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24 mai 2020

MALIMBA: Entre Mooh et Ilimbe le flou ancestral?

QUI SONT LES MALIMBA? QUI SOMMES-NOUS?

(Par NDUMB’A MULIMBA)

Il y a une dizaine d’années, j’avais écrit ceci dans notre « Portillon Malimba de débat et d’action…. »

« Chers frères et sœurs, nous participons tous d’une manière ou d’une autre à la construction de la communauté Malimba, à l’écriture de notre histoire commune. Nous nous devons donc de relever certaines situations pour les décrier, les stigmatiser, les corriger ou les encourager. Tout ceci ne peut être que bénéfique pour la communauté. Nous avons toujours voulu d’un débat au sein de notre communauté, quitte à le relayer sur Internet qui, comme nous le savons, est extrêmement  limitatif et sélectif. Que ne pourrions-nous débattre collectivement en famille devant des personnes de toutes générations ! Il ne servira à rien de fuir le débat, il nous rattrapera toujours, comme il est en train de le faire » (25 août 2010).

Une année plus tard, le 16 juillet 2011,  paraissait dans le même portillon, « Matumba Ma Mulimba…… les voici enfin ! ». Cette évocation avait suscité de nombreux questionnements restés sans réponse.

Je vous suggère de reprendre le débat là où nous l’avions laissé, en évoluant progressivement par étapes, par strates, en nous posant des questions intelligentes et utiles dont les réponses nous permettront d’avancer.

Première étape.

A notre connaissance, deux thèses se bousculent :

1)     ILIMBE est fils de MBEDI. Cette acception est partagée par plusieurs Malimba.

2)     ILIMBE est fils de MÔÔ (ou MOOH) qui lui-même est fils de MBEDI. Entre certitude et supposition, plusieurs personnes se perdent. Certains n’ont pas connaissance de la descendance d’un des fils de Mbèdi appelé Mooh et ils supposent que ce sont les Malimba. Si donc Mooh est le père d’Ilimbè, ce dernier était-il fils unique ? Qui sont ou seraient les frères et sœurs d’Ilimbè ? Pourquoi Mooh n’a-t-il pas d’éponyme et c’est son fils Ilimbè qui en a un ?

Quand nous nous accorderons sur les réponses à ces interrogations, nous pourrons avancer d’une strate. Que ceux qui ont des connaissances nous éclairent.

Nya Mulimba  

 

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13 avril 2020

Nécrologie: S.M. le Chef Supérieur de Malimba Gare, Epou Edimo Henri s'en est allé

epoujhenri

La grande famille Malimba à la tristesse de vous annoncer le décès de S.M. Epou Edimo Henri (originaire d’Eoumba par Mulimb'é Mbenjè et du clan BonaMula et foyer Bonabelone de la cour Bon'Edimo) survenu à Edéa ce 13/04/2020 au matin des suites d’une longue maladie.

D’un professionnalisme médical hors pair, l’homme en retraite était Infirmier-major  en service à l’infirmerie de la Camsuco (Nkoteng) pendant plus d’une décennie avant qu’Allucam ne s’approprie de ses talents de soignant au debut ades années 90'. Admis en spécialisation de traumatologie au milieu des années 80’ à Belfort (en Franche-Comté) en 1984, l’homme en blouse blanche a su redonner à la seringue et à la prise en charge médicale ses lettres de noblesse. Sportif et chambreur patenté il était resté attachant bien que meurtri par la perte inattendue de sa fille ainée au début de ce siècle.

C’est sous son impulsion en 2012 que le vaste programme d'occupation des terres cultivables voit le jour à Malimba Gare, lieu où il était Chef traditionnel. Une première depuis 1926 date d’attribution aux Malimba de ce plateau.

Sous sa houlette il y aura une incitation aux projets d'agriculture. Ainsi, tout Malimba intéressé aura le droit de se manifester par un projet de champ agricole d'au moins deux (02) hectares. La main d'oeuvre étant bien entendu disponible sur place et le suivi des travaux assuré personnellement par S.M. en personne.

"Nivaquine" laisse derrière lui plusieurs enfants et petit-enfants à qui nous adressons nos plus sincères condoléances.

Le défunt était originaire d’Eoumba( Mulimb é Mbenjè) du clan BonaMula

Muboledi

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04 décembre 2019

LE FESTIVAL NAUTIQUE DE LA FEMME MALIMBA SE PREPARE

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FERVEUR NAUTIQUE A L'ESTUAIRE DE LA SANAGA

 

 

 

L’association « Malimba Expression » œuvre depuis 2010 pour la réduction de la pauvreté de la femme en zone rurale à travers des actions de développement s’appuyant sur la culture.

 

Dans le cadre des activités de la Journée Internationale de la Femme, une Journée Nautique de la Femme Malimba rebaptisée du nom de sa défunte promotrice (Festival Nautique Gisèle Ndoumbè (FENAGIN)) est organisée le dernier samedi du mois de mars de chaque année à Malimba par Mouanko. L‘apothéose de cette célébration, très riche en activités culturelles, est une course féminine de pirogues.

 

Cet événement exceptionnel et très spectaculaire rentre dans le cadre de la promotion des valeurs de la femme Malimba qui utilise au quotidien la pirogue comme moyen de déplacement ou de transport pour la plupart de ses activités. L’édition du 28 mars 2020, mettra en compétition trois pirogues de course de 25 rameuses chacune.

 

A cet effet, nous avons l’honneur de solliciter votre soutien et encouragement à l’organisation de cet événement. Les primes à offrir visent l’épanouissement et la facilitation des tâches de la femme Malimba.

 

La lutte contre la jacinthe d’eau, qui prolifère dans les eaux de la « Sanaga » au niveau de Malimba avec des conséquences néfastes sur les palourdes et les poissons, sera au centre des activités de l’année 2020.

 

Tous à Malimba le 28 mars 2020

Contacts :

-Mme EWANE Julienne 699 844 930

- Mme NDOUMBE KWEDI Cécile 665 352 686

- Mme MPONDO Marie Grâce 699 976 868

- Mme EPEE Clarisse 690 480 022

- Mme MOUKOKO Cathy 699 826 346

 

lE COMITE D’ORGANISATION

 

Recépisse de déclaration d’association N°052/RDA/C18/SAAJP du 04 juin 2015

B.P 3429 Douala Tél.690 30 23 37 / 677 67 53 37

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24 octobre 2019

HOMMAGE/TEMOIGNAGE A DIKANJO SIMON Par NDUMB’A MULIMBA

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HOMMAGE/TEMOIGNAGE A DIKANJO SIMON

Par NDUMB’A MULIMBA

 

C’était mon frère…………………….après tout

Notre rencontre date d’il y a 52 ans environ, au quartier Bonélèkè à Douala, lieu-dit Douala Bar. Nous étions voisins. Il était hébergé par la belle-mère du roi des Akwa où l’y avait précédé un autre aîné, Eyoum Félix de regrettée mémoire. Simon était venu à Douala poursuivre ses études. Inscrit au Centre Pratique de Formation Ouvrière (CPFO) de Bonapriso, il obtint son CAP en maçonnerie et se lança très tôt dans la vie active.

Son parcours professionnel commence au sein de l’entreprise « L’avenir BTP » plus connu sous le nom « Elimbi L’avenir » puis par la suite à « Union Profess Limited » dans lesquelles il débute comme maçon puis chef d’équipe, chef de chantier, conducteur de travaux. Parallèlement il poursuit ses études et à l’endurance, obtient son Brevet Professionnel puis poursuit des cours par correspondance pour l’obtention d’un DUT ou d’un BTS. Travailleur acharné et compétent, c’était un professionnel accompli qui a laissé ses empreintes dans la ville de Douala : le palais de justice de Ndokoti, l’église presbytérienne de Bonamoussadi (anglophone), la restauration de l’Eglise UEBC de Bonalembè (à côté de la boulangerie Zépol), la construction de nombreux bâtiments de l’UEBC (Emilie Saker), la construction de la chapelle et du caveau familial au domicile d’une élite de Mouanko, et de nombreux autres édifices. Il avait souvent sollicité mon aide lors des difficultés techniques et le calcul des structures, ce que naturellement, je lui apportais gracieusement.

Simon était mon frère et ami. Nous avions cheminé ensemble depuis le bas âge et avons de nombreux souvenirs communs. Nous étions conseillers, l’un de l’autre. La poursuite des études nous avait séparés en 1976 et, lors des vacances de 1978, nos retrouvailles avaient été très chaleureuses : accolades fraternelles, poignées de mains à n’en plus finir et soudain Simon s’immobilisa, le corps tremblotant, un grand sourire radieux : la joie se lisait dans chaque centimètre carré de son être. Il me regarda droit dans les yeux : « Es-tu aussi frater ? ». J’étais surpris, étonné, perdu par la question. Je lui retournai la question : « c’est quoi un frater ? ». Après un temps de réflexion et d’hésitation, très déçu, il me répondit : « tu ne l’es pas, sinon tu ne m’aurais pas posé la question ». Malgré mon insistance, il ne me donna pas l’explication attendue. Nous nous dirigions vers son domicile de Bali pour que je fasse la connaissance de sa défunte épouse Annette. Nous n’en étions qu’à 500 mètres mais, cette rencontre fut reportée à une date ultérieure. Le couple déménagea plus tard pour Deïdo, puis Logbaba où il prendra une deuxième épouse.

J’étais loin, mais alors très loin de m’imaginer que mon ignorance allait me valoir la perte d’une amitié et d’une fraternité, ce d’autant plus que 9 ans après cet « accident », affecté à Douala dans le cadre professionnel, c’est Simon qui viendra à ma rencontre solliciter mon accord pour l’adhésion à l’Association pour le développement de Malmbenguè. Il avait suffi de cet accord de principe pour qu’à la réunion suivante et en mon absence en 1987, le bureau fût remanié. J’en devins le Président et Simon le Secrétaire Général. Parmi nos faits d’armes, il y a eu la défense des terrains de Yoyo où un non Malimba voulait s’accaparer de 5 hectares de terrains pour la construction, disait-il, d’un hôtel. Notre délégation de 5 personnes était arrivée à temps pour faire opposition lors de la descente du Sous-Préfet de l‘époque ; la mise en terre de 100 plants de cocotiers le long du rivage de Yoyo à Komb’a Moukala ; le montage de dossiers techniques d’immatriculation en vue de la protection de ces terrains ; l’achat des tôles et de ciment pour la construction de la chapelle d’Eoumba ; de nombreuses autres actions.

Neuf ans plus tard en 1996, avec d’autres Malimba, nous créons le Cercle de Réflexion et d’Etudes pour la Promotion de Malimba (CREPMA). J’en devins le Président et Simon le Secrétaire Général. Nous nous lançâmes immédiatement dans la réalisation des travaux : l’abattage des arbres de part et d’autre de la piste de Malimba pour en élargir l’emprise. Plus important, nous organisons le Grand Rassemblement des Malimba à Edéa en décembre 1997 qui aboutira à la création d’Ilimbè-Ilimbè 18 mois plus tard.

Ce qui nous caractérisait et qui nous rapprochait davantage est bien le fait que nous sommes des hommes d’actions, préférant prêcher par des actes.

Ilimbè-Ilimbè est sur les fonts baptismaux, il faut réaliser ce qui tenait lieu, entre autres, d’élément d’identité et de rassemblement : le tissu-pagne. Parmi les cinq dessins en notre possession, il fallait en faire la synthèse et ressortir les motifs du pagne et le logo. Le dessin proposé par Simon se prêtait le mieux au logo. Il représentait un soleil au zénith, à la base duquel se rencontraient 2 pointes de pagaies. Les pagaies formaient 2 côtés d’un triangle équilatéral à la base duquel se retrouvaient de nombreuses palourdes (behona). J’avais la responsabilité de la sortie du pagne Malimba. Avec l’infographe, j’avais travaillé à la grande satisfaction de tous quand la maquette avait été présentée. Le logo, bien qu’ayant tous les éléments proposés par Simon, avait vu leur disposition changer : le soleil au lieu d’être au zénith, se levait derrière des arbres comme il le fait tous les matins à Maljédou, les pagaies étaient disposées en croix de St André et une palourde était au point de croisement des pagaies.

Simon qui n’avait pas assisté à la réunion d’approbation de la maquette vint me voir à l’effet de remettre son dessin tel que conçu par lui. Nous repartîmes vers l’infographe qui n’appréciait pas beaucoup l’esthétique du dessin de Simon mais se résoudrait à le mettre à condition qu’on le payât car il s’agirait d’un travail nouveau. Après discussions, Simon accepta de payer de sa poche. L’infographe demanda que ce nouveau paiement se fît d’avance. Simon ne paya pas, il voulut en vain obtenir du comité d’organisation ce paiement supplémentaire. Nous eûmes par la suite un franc échange au cours duquel, malgré lui, il se lâcha : « mais la croix est le symbole des chrétiens ». Mais Simon, « as-tu quelque chose contre les chrétiens ? », rétorquai-je. Il coupa court : « de toutes façons, je ne porterai jamais ce tissu, personne de mon entourage ne le portera, et je dissuaderai quiconque de le porter. » Le ton était ferme et n’appelait aucune autre intervention.

Après l’ignorance du terme « frater », je venais de commettre une autre bévue par l’ignorance de la symbolique du triangle et c’était la faute de trop qui scella notre séparation. Je ne le saurai que des années plus tard.

Dans un article écrit par Simon « La valeur cardinale de la paix », publié dans le blog Ilimbè-Ilimbè, je tombai des nues en voyant sur la photo, Simon arborant le pagne Ilimbè-Ilimbè. En me renseignant sur l’évolution des choses et les nouvelles motivations, je découvre que Simon est adepte de la Rose-Croix d’or, que les membres sont des fraters, que le triangle est l’un de leurs symboles forts. Quelqu’un de plus gradé que lui dans l’ordre lui avait donc expliqué qu’il n’y avait pas lieu de se fâcher contre son frère, il devrait plutôt le remercier puisqu’au lieu d’un triangle, il y en a quatre dans la croix de St André.

Qu’est-ce que j’étais ignorant et très loin de la réalité ! Mais le paradoxe demeure car autant la distance qui séparait Simon d’Ilimbè-Ilimbè a été réduite à zéro, autant entre nous le fossé est devenu plus grand. Avait-il trouvé et retrouvé des fraters dont il avait tant besoin ? Personne ne le saura plus jamais.

Simon mon frère et ami, tu as retrouvé la paix.

Va en paix et que la terre de Malimba te soit légère.

 Ndoumbe_au_village

Nya Mulimba

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04 octobre 2019

MALIMBA EN DEUIL: SIMON DIKANJO, EX-PRESIDENT D'ILIMBE ILIMBE VIENT DE RENDRE L'AME AU CAMEROUN

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Simon Dikanjo: In memoriam
Mboa, l'annonce du décès de Simon Dikanjo nous est apparue hier matin comme un tonnerre dans les chaumières Malimba du Cameroun et d'Europe.
Enfant Eoumba par Mulimb'é Mbenjè, Simon était aussi un mulalo Boongo de BonaN'gàng ( par Bwembo du foyer Bona Ndodo par son grand-père maternel - à ne pas confondre avec BonaNgang par Bolöi) et petit-fils Moulimb'é Jedu (BonaMbam) par sa grand-mère maternelle.
Ayant fait l'essentiel de sa longue carrière professionnelle dans le Sud-Ouest et dans le Littoral camerounais,
c'était une référence, une pointure, dans le secteur du BTP. Si des acquittements, des non-lieux, des relaxations et des condamnations ont aujourd'hui lieu au sein du nouveau palais de justice de Ndokotti c'est en très grande partie grâce à la rigueur de la direction de ses travaux lors de la sortie de terre de cet édifice.
Mboa, je connaissais l'homme meurtri depuis bientôt 5 ans par les multiples disparitions de ses proches. Dispartion qu'il vivait comme une mutilation de sa personne. De mois en trimestres, le Prince de BonaBobenda (du Clan Bon'Etim) est apparu ces derniers temps affaibli pour n'être que le spectre de lui même en raison de récurents accidents vasculaires cérébraux dont il a été victime. Des avc qui auront d'ailleurs eu raison de sa résistance d'acier.
Président par intérim de Ilimbe Ilimbe National au début des années 2000 lors de la fin du Mandat du Dr Bekoe Christophe puis formellement investi des pleins pouvoirs à la tête de notre association coutumière quelques 2 ans plutard, il fait partie avec Ndoumbè Nya Mulimba, feu Mbèke Ebouè Clément, feu père Matanda, Epou Henri, Moubandjè, Kutta Dooh, Wonja Kwin, Mpocko Oscar, Essombe Henri,
Papa Azobé Lobè, Papa Masso, feu papa Manga Bozart, Matoko David, Rosette Ayayi, Edoubé Lucien, Pierre Ebwéa, Elessa René, Ndjo Ebouè, Dido, feu Ndonda Mousseng, Ikodè, feu Emeh Elong, Dipomè, Dikandjo Dick, Nyounguè Dallé, Nanga Symphorien et bien d'autres acteurs de premier plans, des personnalités fortes qu'aucune polémique sur la question de la notabilité supérieure n'aura véritablement épargné depuis 2003.
Mari aimant, beau frère chéri à Douala comme à Bilbao, il était avant tout un père accompli et soucieux de sa progéniture.

Désormais en l'absence de Mama Annette, sa première épouse qui l'a précédé, notre belle-soeur éplorée, Marie-Paule, pourra compter sur  nous pour essuyer ses larmes et dire à Christian, Alain et tous les autres charmants enfants qui sanglotent avec nous ce soir qui était leur Papa et ce qu'ils devront garder de lui comme héritage éthique.
En France nos soeurs Elisa Essawè Ngwenjè, Cathy Enanguè Ngollè et Chimène désormais installée en Loire atlantique feront à coup sûr vivre la mémoire de cet homme simple dont la disponibilté aura été la marque de fabrique.
Mboa, je rends aujourd'hui hommage à un ainé dont la bienveillance à mon égard n'a finalement d'égale
mesure que la hauteur de vue qu'il avait à la fois de nos divergences et de nos accords.
Neveu de "grand Isaac "(Papa Loè) lui aussi disparu en 2005, tu as été cette branche ( comme ton nom le dit si bien) sur laquelle bien des passereaux viennent se reposer et d'où ne s'envolent que ceux qui sont aptes à de long trajets. Voilà l'image gratifiante que gardent tes nombreux séjournants à Logbaba. Cette maison si accueillante et foncièrement ouverte à tous. Tu peux reposer en paix.
 
Aujourd'hui quelque soit les lunettes à travers lesquelles nous regardons Malimba et ses problèmes; que nous soyons pro ou anti statut quo, ce 3 novembre 2019 est un jour sombre pour celles et ceux qui, au péril de leur santé, ont investi un tantinet de leur temps à travailler pour la noble cause communautaire.
C'est notre frère Itutu Dalvin qui disait un jour que chaque départ de chacun d'entre nous est une invitation déguisée à continuer l'oeuvre commencée par le defunt.

Mais quelques fois Dalvin, admets-le,  il peut manquer à ceux qui sont appellés à continuer l'oeuvre commencée, des croquis et des plans de l'ouvrage en chantier surtout lorsque c'est un architecte qui nous quitte.
Londo na sélélé à Simon o mutindi mwa batétè bahou.
Muboledi

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03 octobre 2019

La Fondation Lothin Elessa SEN au chevet des enfants des écoles de Yaoundé

malimba-elessa

C’est le cœur sur la main, accrochés à de solides valeurs humaines que les enfants Elessa Lothin Jean Désiré et Sen Hélène perpétuent la mémoire de leurs parents à travers la fondation Elessa Lothin-Sen. Alors, mobiliser les énergies autour du développement communautaire, améliorer le cadre de vie en éduquant les populations, accompagner les initiatives à dimension sportive et de santé, constituent de manière globale les activités objectivées de la fondation.

300 bourses scolaires et 02 bibliothèques pour 2033 livres sont les actions prévues dans leur plan éducatif. Après l’école publique de Malimba-Océan et Mouanko Centre et les écoles d’Edea II, les 16 et 17 août dernier pour la remise de 300 bourses d’excellence d’une valeur de 5 000 000 Francs CFA ; le vendredi 27 septembre 2019 vers 15 heures, c’était au tour de l’école publique de Bastos de bénéficier de la remise d’un don de bibliothèque contenant 1 000 ouvrages, au profit des élèves et enseignants de ladite école. L’objectif étant donc d’inciter les jeunes à la lecture pour une éducation sérieuse et bien orientée ; mais aussi soutenir le corps enseignant dans leurs efforts quotidiens.

En présence de distingués invités qui ont eu des messages d’encouragement à l’endroit de la fondation dans cet effort remarquable pour la pérennisation des valeurs éducatives, mais aussi des mots pour booster la jeunesse et les enseignants au centre de ce geste fort visant à accompagner leur processus éducatif. Le Président de la fondation Monsieur Louis Deschamps Elessa Lothin a souligné qu’au regard des « faiblesses structurelles de l’école, il va falloir former du personnel pour cette bibliothèque ». L’Inspecteur d’Arrondissement de l’éducation de base de Yaoundé 1er, Madame Delphine Florence n’a pas manqué d’appuyer et de souligner le caractère important de cette initiative et fort en adéquation avec la volonté du gouvernement. Pour clôturer cette journée, on a assisté à la symbolique de la coupure du ruban et la visite de la bibliothèque pour marquer l’ouverture officielle de cet espace dédié au savoir et la remise des clés.

Pour une initiative pareille, la fondation a besoin de soutiens. Il convient par ailleurs de noter la présence d’entreprises qui l’accompagnent pour la remise de ce don à l’école publique de Bastos. Au rang desquelles, on peut lister Lothe Consulting Assurances, Chanas Assurances, Sunu Assurance, Com Action Multimedia, etc.

Par ailleurs, afin de marquer et de soutenir leur détermination, le lendemain samedi 28 septembre à 10 heures à l’hôtel Hilton de Yaoundé dans cette même logique a été organisé et initié le forum économique de la fondation. Une thématique précise : « le Franc CFA peut-il accompagner l’émergence du Cameroun en 2035 ? Quelles réformes pour le système bancaire et financier ? ». Les conférenciers composés : de M. Dominique MAHEND, Directeur Général UBA ; de M. ABAKAL MAHAMAT, Directeur Général BGFI Cameroun ; du Sénateur Dr Roger MBASSA NDINE qui a dit qu’il faut « une évolution du Francs CFA et dans les incitations banques… de manière à ce que le Cameroun produise ce qu’il consomme… ». En outre, le président de la fondation a précisé que « l’émergence du Cameroun dépend de nous-mêmes. Les camerounais, leur rapport à l’Etat, leur rapport à la gestion des affaires, leur rapport à la participation au développement de leur propre pays… ».

Au cours dudit forum, un fundraising a été organisé pour récolter des fonds en faveur de la fondation. Responsables d’administration, Chef d’entreprises, Opérateurs économiques, amis, familles présents dans la salle ont mis la main à la poche. Chaque généreux donateur a assuré de son soutien indéfectible à la fondation, certains faisant de promesses de dons, d’autres remettant directement une enveloppe…

En faisant d’une pierre deux coups, la fondation Elessa Lothin-Sen souhaite mettre sur pieds une plateforme de rencontres d’affaires et d’échanges économiques, entre les professionnels de tous les secteurs sur des thématiques économiques fortes, à travers les « Rencontres Professionnels LCA / Professionnals Meeting ».

Prochaine étape Douala 15 novembre, à l’école publique de Déido pour le don d’une bibliothèque de 1033 livres ; et encore du sourire pour les heureux bénéficiaires…

SOURCES: http://www.culturebene.com/54691-la-fondation-elessa-lothin-sen-offre-1000-livres-a-lecole-publique-de-bastos-et-debat-autour-de-lemergence-du-cameroun.html

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13 juin 2019

Nécrologie| Stéphane Moudouthè Lothin : Une vie au service des autres

 

 

stephane

Douala 1971 - Paris 2019

 

Mboa,

 

 

 

La nuit n’est jamais complète, elle peut se payer le zénith et frapper en plein jour. Il n’est point besoin d’attendre l’éclipse du soleil pour voir le ciel vous tomber dessus. Au plus profond de la chaire, dans ce qu’il y a de plus décourageant, de plus désarmant, il y a la perte d’un être cher qui peut tous nous anéantir. Tous autant que nous sommes.

 

La disparition de notre frère Stéphane Moudouthè Lothin vient nous rappeler combien notre existence ne tient qu’à un fil sur cette terre si remplie de mystères et d'incompréhensions. Bonatétè je pleure un frère et vous, avec moi.

 

A Paris où il résidait depuis plus d’un quart de siècle,  Stéphane a porté la cause de Malimba à bout de bras comme on porterait un destin d’Etat dans l'exercice d'un mandat public. Au four et au moulin, de diverses associations, il était aussi à la caisse et au pupitre. Un leadership charismatique qui s’était forgé une vision claire et pragmatique de la situation sociale de Malimba où il se rendait désormais.

 

Serviable sans être servile, ce talent malimba était avant tout un serviteur attachant. Que dire donc de Bonaberi, de Bruxelles,de Londres ou de SilverSpring où la soudaine disparition de ce grand cœur laisse pantois ceux qui l'ont connu. Aujourd’hui, nous sommes tous orphélins d’un homme autant que d’un esprit. Un grand esprit comme on a peu autour de soi. Tu es parti très tôt. Trop tôt mon frère.

 

Stéphane, mon cher Stéphane,

 

En 1999, avec d’autres congénères ( Bongo, Jocky, Dollè, Mbimbè, Argentine, …) nous avons, ensemble posé dans le 13 ème arrondissement de Paris, les jalons de ce qui allait être la première plateforme des Malimba d’Europe. C’est là que ton caractère travailleur et entrainant s’est révélé au grand public. Tu iras même jusqu’à nous claustrer dans ton appartement d'Asnières au printemps 2003, prétextant une perte "accidentelle" des clés puis intimant à nos illustres aînés profiter de cet "accident" pour mettre fin à leurs bisbilles d'égo pour l’intérêt supérieur de la paix communautaire. Un conclave de deux heures de temps qui fera date et durant lequel nous obtiendrons même notre "fumée blanche". Les deux belligérants, sous ton stratagème, finiront par nous gratifier d'une poignée de main historique digne d'une cérémonie de remise d'un Prix Nobel de la paix. Le coup du maître! Nous en parlions souvent. Mais désormais avec qui le ferai-je encore?  Près de 16 ans après ce fragment de vie , j'ai choisi de servir la valorisation de notre communauté par le canal du web et toi, avec passion et méthode, tu es resté sur la même trajectoire du contact humain: donner du sourire et de la fierté aux Malimba. Ceci porte un nom: la fidélité à un idéal. Emma en sait quelque chose.

 

C’est encore grâce à toi que j’ai pu retrouver mes soeurs Ange et Marlyse et ma nièce Christelle Ebouaney. Stéphane, tu m’étais précieux malgré les 234 bornes qui nous séparaient et que tu avalais quelques fois par an sur la A1. Que dire de tes nombreuses correspondances aériennes à Bruxelles durant lesquels nous parlions du village le temps d'un escale.

 

Aujourd’hui, la douleur de ton départ prend pour moi une autre dimension. Celle d’un aigle qu’on happe en plein vol. Au milieu du gué, tu me laisses seul face au chantier mémoriel et à ces arbres généaolgiques qui prenaient forme jour après jour et que nous comptions mettre à la disposition de la postérité dans un proche avenir.

 

Stéphane, personne n’a vu venir cette lame de fond. Cette attaque insidieuse et lâche aux 3 lettres que tu as subi dimanche soir. Personne cousin. Ni moi, ni nos frères et soeurs revenant joyeusement de Blois à tes côtés, ni ton épouse, ni avant ce jour, inhi ta mère, ni Ange, ni Marlyse, ni ton Babi, ni Beauté, ni tes adorables enfants, ni Papa et ta soeur au Cameroun. Personne.  L’attaque s’est faite sourde et sournoise. Elle nous a atteint tel un coup de poignard en plein coeur. Sans prévenir, sans pardonner.

 

Stéphane, digne fils BonaNgang, j’ai tant de gratitude d’avoir eu un cousin comme toi, qui n’était que gentillesse et générosité. Lorsqu’on perd ceux qui vous ont tant aimé et qu’on a tant aimé en retour, on est toujours un peu plus grelottant tout le temps, partout, même sous le soleil le plus brûlant. L’absence éternelle a décidément quelque chose de glaçant. Il me faudra m'y faire.

 

Toute ta vie tu auras eu avec autrui et sous mes yeux un rapport résumé en trois mots, que dire, en  trois verbes : rapprocher, soutenir, partager. Ta table et ta nappe étaient celles  de toutes les faims. Ta carafe d'eau, la gorgée de toutes les soifs. Convivial, chambreur et rassembleur, enfant Bolöy par Maljédu, tu étais un baobab comme diraient les animistes; et pour nous, un modèle de fraternité hors paire. Je te suis infiniment reconnaissant de tant d’humanité.

 

Même en sanglot; s’il y a une leçon que les innombrables meurtrissures de ces dernières années m’ont appris, c’est que le secret de l’apaisement de la douleur se situe quelque part entre la force du souvenir et la poursuite du travail interrompu par la disparition de l’être cher. Je veux espérer qu'il en soit encore ainsi.

 

Lorsqu'au pays des ombres tutélaires, ton chemin étoilé croisera les pas de René, de Jacques, de Gisèle ou de Jocky qui nous ont précédé, s'il te plait Steph dis leur que nous avons essayé, à notre modeste manière, de servir les nôtres sur le sentier si ténu du bonheur. 

 

Nos prières, Stéphane, te porteront tous les jours vers le plus apaisant des repos éternels.

 

"Brother", to na nin ndutu na yén élohou wé no i diya biho, londo na sélélé a muna nyang'am. Londo na sélélé

 

Muboledi

 

 

 

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08 mai 2019

Nécrologie: Les vocalises de notre frère Axel Muna( Difio) sont à jamais éteintes. Au revoir l'artiste

 

L’icône du makossa, Axel Mouna est décédé avant hier à l’Hôpital Laquintinie à Douala.

L’auteur-compositeur, indissociable de son célèbre tube « Juventus » sorti en 1981, a perdu un long combat contre la maladie dans la matinée du 7 mai 2019. C’est ce qu’a d’ailleurs rapporté l’ami et proche du défunt, Jeannot Ekwalla, qui regrette « la perte d’un grand homme de la musique camerounaise ».

Le Cameroun privé d'un de ses plus grands artistes musiciens. Axel Mouna puisqu'il s'agit de lui, a cassé sa guitare hier après-midi, à Douala, capitale économique du Cameroun.

Selon nos informations, le chanteur est mort des suites d'une courte maladie.

Axel Mouna était connu depuis une décennie, comme vivant dans des conditions très précaires.

En décembre 2012, Axel Mouna a vu son bassin fracturé au quartier Deido à Douala, alors qu'il stoppait des taxis pour se rendre au quartier Bali, percevoir ses maigres droits d'auteur.

Y étant, l'auteur du légendaire titre à succès Juventus, se fait bousculer par une moto-taxi, laquelle le précipite alors dans un caniveau, où, il voit son bassin fracturé.

Axel Mouna n'a pas la somme de 600 mille francs CFA que lui exige l'hôpital, pour se faire opérer.

Il vit dans la pauvreté, et doit donc se contenter de se rendre plusieurs à des dizaines de kilomètres de Douala, recourir aux services d'un masseur traditionnel. Devant sa crainte de terminer sa vie sur fauteuil roulant, Axel Muna lance un appel au secours.

Odile Ngaska l'alors présidente du conseil d'administration de la société en charge des droits d'auteur de l'art musical, s'en fout éperdument de la souffrance de l'artiste.

De nombreuses relances faites sur le dossier du chanteur, la laissent froide et glaciale.

Axel Mouna a marqué l'histoire de la musique en 1981, avec son album "Bobia". On y retrouve, le single " Juventus bye bye" où, il rend hommage aux dirigeants de ce club de football de Douala, du nom de Juventus.

En effet,. Moundi Elimbi l'entraineur de cette équipe, et Ndoumbé le président avaient péri dans une sanglante tragédie. Ces derniers avaient été écrasés dans la voiture, par un train. La mort des deux leaders avaient entraîné la disparition du club de coeur de Axel Mouna. D'où cette chanson hommage qui avait plongé tout un pays dans une profonde émotion : " Juventus bye bye".

Aujourd'hui que tu es mort, tu es parti, Axel, comme tu l'avais chanté pour Juventus en 1981, le monde entier, l'Afrique, le Cameroun, Douala ta ville natale, te disent bye bye Axel.

A ta famille, parents, amis et connaissances, nous adressons nos sincères condoléances.

Cameplus vous propose de suivre le single "Juventus bye bye" de Axel Mouna.

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Source:https://www.cameplus.com/culture/axel-mouna-nest-plus

 

 


 

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25 avril 2019

INNOVATION: un Malimba à l'honneur au Royaume de Belgique. Par Séverine Elessa-Pericard

 

 

mon-causeur

 

 

 

La Prestigieuse fondation roi Baudouin et l’ong Génération solidaire vient de nominer notre frère, le sociographe Robert

Mandjombe Bossambo comme finaliste dans le cadre des projets soumis à ces institutions pour répondre à la

problématique de sociale du délitement des liens l’intergénérationnel en Belgique.

 

Avec la voie phonique optée par son projet “papoline” et son appli “ Mon-causeur” (bientôt disponible sur appstore

et google play), une revolution comportementale envers les personnes âgées va bientôt éclore dans le plat pays.

 

En effet, Papoline est une solution d’ "appels solidaires" dédiés à réduire l’isolement des seniors chez eux ou en maison

de repos. Elle compte proposer aux seniors de la Fédération Wallonie-Bruxelles et aux appellants bénévoles de nouer

une relation téléphonique constante et sûre. De ce fait, « téléphoner solidaire » à un senior renvoie à émettre un appel

dans le but de rompre la solitude de ce dernier tout en lui tenant un discours bienveillant et positif sur le cours de la vie

de manière à palier au déficit de visites physiques.

 

Il faut dire que l’isolement conversationnel est un fléau en nette recrudescence qui touche de plus en plus des

personnes du 3ème âge en Europe. Depuis 2012, annéee européenne du viellissement, l’Ingénieur social Belgo-

Camerounais n’a cessé de multiplier des initiatives au sein des institutions sociales régionales et communautaires pour

montrer le poids de cette question sur la balance de la cohésion sociale.

 

En prosant les concepts d’ “ appel soclidaire” et d’ “isolement conversationnel”, Robert Mandjombe et son Think tank

LIENFAISANCE donnent un cachet totalement innovant à la prise en charge du vieillissement. Ils érigent ainsi l'échange

régulier de la parole entre deux personnes de générations différentes et sans relation affinitaire familiale en solution de

dignité et de bien-être social.

 

Un projet qui ,par ailleurs, pourra inspirer les acteurs canoniques de la luttte contre la gérontophobie en Belgique et

ailleurs.

 

Qui mieux qu’un afrodescendant pouvait porter haut la cause des “ainés” ?

Alors à nos souris et à nos clics et en 20 secondes votons tous et massivement pour le “mouna mulimba”.

 

https://www.generations-solidaires.be/papoligne/

 

 


Source: Generation solidaire & Fondation Roi Baudouin

Séverine Elessa-Pericard

Rédactrice/Liège

 

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31 janvier 2019

Nécrologie: Regrets éternels pour Papa Manga Bozard, Alexandre Moutymbo et Mama Mbongolo Etamè Alvyne. Paix à leurs âmes

MME-MBONGOLO-ETAME

MME-MBONGOLO-ETAME2

mrmoutymbo

LES MALIMBA MEURTRIS MAIS LES MALIMBA RECONNAISSANTS

 

 

 

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16 novembre 2018

Malimba: Nécrologie: La grande famille Bonamulendè par Moulongo en deuil. Notre frère J-Claude Ebanda s'en est allé brutalement

RIP-J-C Ebanda

RIP
Nécrologie: La grande famille Bonamulendè en deuil. 
Le sort a encore tristement frappé le pays Malimba.
Notre frère Siegfried Edibe a la profonde douleur de vous faire part du décès de son petit frère Jean Claude Ebanda, survenu ce dimanche 11.11.2018 suite à un accident de circulation sur l'axe Edea-Kribi. 
Programme des obsèques: 
07.12.2018: Levée de corps à la morgue de l'Hôpital départemental d'Édéa, suivie de la veillée au domicile familial sis à Malimba-Gare. 
08.12.2018: Inhumation.
Précisions sur les horaires ultérieurement.

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10 novembre 2018

INTRONISATION DE SM MATANDA CHEF SUPERIEUR DE MALIMBA CANTON D' EDEA

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05 juillet 2018

MALIMBA : UNE HISTOIRE DOULOUREUSE DU CAMEROUN

 

 

mulimba

Les Malimba représentent un sous-groupe appartenant à la grande famille Sawa. Très peu connu, ils sont souvent confondus voire considérés comme des Duala. Si l’histoire avait tôt faire de nous expliquer qui ils sont, seront nous là nous interroger encore ? Today sur Au Letch, on va essayer de rouvrir les pages du passé du peuple Malimba. 

Pour parler de l’histoire du peuple Malimba, il faut remonter  vers 1430, aux sources du Nil en Egypte avec la naissance de Lukeni, qui plus tard aura un fils du nom de Kongo et celui-ci aura aussi un fils du nom de Kota. Mbwé le fils de Kota donnera naissance vers 1557 à Mbongo qui va devenir l’ancêtre commun des Duala et des Malimba. Depuis le Congo où il réside, Mbèdi devenu le successeur de Mbongo va conduire toute la grande famille Sawa jusqu’aux berges du fleuve Pitti-Dibamba. Mais juste après 1641, l’un des fils de Mbèdi, le nommé Mooh va quitter la case familiale pour former son groupement. C’est ainsi qu’il va avoir deux fils : Bongwe et Illimbe dont on suppose qu’ils seraient nés vers 1676 et c’est à partir d’Illimbe que va naître la grande famille Malimba.

Les Malimba vivent au niveau des plaines et des îles situées au fond du golfe de guinée et de l’estuaire Wouri au nord-ouest à l’embouchure du Nyong au sud-est. Ils résident essentiellement aux bords de l’eau, qui leur a toujours apporté des ressources nécessaires pour leur survie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, l’une de leurs activités principales est la pêche des palourdes qu’on appelle Ehona, un patrimoine dans l’art culinaire Malimba. Une activité jadis réservée à la femme, mais qui est devenue plus tard celle des hommes aussi. Contrairement à leurs frères Dualas qui ont fait de la vente des esclaves une activité de rente, les Malimba ont combattu farouchement les négriers. L’histoire raconte qu’ils auraient même détourné un navire ayant à son bord des esclaves, et de cette opération spectaculaire, les vendeurs d’esclaves ont été obligés de choisir d’autres  ports comme ceux de Sao Tomé et Gorée comme lieu d’embarquement. Les Malimba ont payé le prix de leur résistance face à la pénétration allemande au Cameroun.

Rappelons tout de même, que la zone Malimba est la première à avoir connu un développement important au niveau commercial au regard de sa situation stratégique. Avec l’arrivée des allemands suite à la signature des traités, les Malimba vont perdre tous les avantages commerciaux qu’ils ont, une situation qu’ils n’acceptent pas. Plus encore avec le double meurtre du chef Malimba Eboué Etongo dit King Nyambe et son fils héritier Mbeke Eboue le 18 janvier 1890, déclenche la guerre germano-Malimba qui va durer deux années (19 Janvier 1890 au 29 novembre 1891). Elle sera à l’origine de la dislocation du peuple Malimba.  Mais celle-ci prendra fin avec la destruction du « Zehdenick », un bateau de guerre allemand. Aujourd’hui cet épave qui gît dans les eaux de la Kwakwa à cheval entre les localités de Mouanko et Manoka, sert de lieu de visites aux touristes et témoin de la résistance des guerriers Malimba. C’est avec le départ des Allemands de la zone de Manoka, que les firmes commerciales allemandes Woermann et Thormalenn vont s’installer au niveau du fleuve Wouri. On retrouve aujourd’hui les Malimba dans les localités de Mouanko, Dizangue, Edéa urbain, rural, Manoka et même dans le pays Batanga.

NB : L’histoire du peuple Malimba est loin d’être connue, au regard de nos recherches il y a tellement encore à découvrir et c’est le moment pour chaque letchois, d’apporter sa contribution à cette petite porte que nous venons d’ouvrir. Soyons fière de notre culture riche et plurielle.

Source: journal-ledroit.net

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20 mars 2018

JOURNEE NAUTIQUE DE LA FEMME MALIMBA:Pour un sursaut commémoratif à la mémoire de Madame Gisèle Ndoumbe initiatrice du projet

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Mboa, lorsqu'on a reçu tant d’humanité, tant générosité de la part d’une personne quelle qu’elle fut  et d’où qu’elle vienne on ne peut se résourdre dans le confort insidieux de l’oubli.

Solitaire dans ma peine  mais avec l’espoir chevillé au corps je sonne  ici le gong de la revolte parce que un jour ou l’autre la dette de la reconnaissance fini par frapper  à la port des coeurs. Tant nous devons beaucoup à Gisèle Ndoumbè.

Malimba cette contrée  unique en son genre où la gaieté, la quête du sens, la traditionnalité, qui furent un temps les atours de notre génie Sawa, furent un jour, on ne sait quand, comme frappés les forces de l’oubli et la rage des rivalités internes. On y vit le signe d'une absence blâmable de sérieux ou d'une désamour forcément coupable. Gisèle Ndoumbè par son oeuvre accomplie auprès des nôtres  était de celles et de ceux qui nous rappelaient que l’oubli et les rivalités ne sont des obstacles infranchissables mais des moteurs vers davantage d’effort et d’amour.  Il y a des moments où la profondeur et l’élévation d’esprit se rejoignent au sein de l'épicentre d’un seul être.

Amis et frère Malimba, vous l’aurez compris,  A 10 jours de notre fête nautique, si tant enviée, je loue ici et maintenant la ténacité d’une femme qui nous  à brutalement quitté en fin d’année dernière.  Ses capacités d’accomplissement hors du commun , pendant un peu moins de 10 ans, ont su tracer les voies  nouvelles du ré-enchantement  de cet estuaire oublié par cette république à géométrie variable.

À travers toi Gisèle Ndoumbe, je rends une fois de plus hommage à un type d’esprit  hélas si rares. A ces consciences généreuses que Rinaldi appelait pour son pays (et que je ramène à Malimba ) «la seule chose sérieuse (), si l'on raisonne à l'échelle des siècles».

Mboa,  Gisèle Ndoumbè  reste et demeurera  un exemple inspirant de dignité dans l’exercice de tout acte caritatif au feminine et au Cameroun. Du fond du coeur et au nom de la redaction du blog, je la remercie pour son admirable exemplarité et lui souhaite toute la reconnaissance qu’elle mérite pour le projet à visage humain qu’elle a mis sur les rails par la force de ses mains et l’entrain de son coeur.

Seuls, en famille, en petit groupe d’ami, en délégation ou en touriste, nombreux sont ceux dont l’esprit ne manquera pas de convoquer le souvenir de cette grande dame qui nous  a magistralement conquis  et dont les jeunes des deux rives de Malimba Ocean  continuent  à considérer  comme l’antidote à la grisaille de leur avenir.

Bonatétè na Bonayéyè lorsque le coq chantera à l’orée du 31 mars 2018 à Bolounga n’y voyez pas dans ce chant un couplet mais un refrain. Autrement dit l’espoir renouvélé d’un jour different mais potentiellement meilleur. Un jour qu’il nous faudra meubler  par notre reconnaissance, nos dons et nos participations diverses.

Gisèle, au pays des ombres tutélaires d'où tu nous entendras désormais ramer, pagayer soit plus qu'un échos pour nos proues, reste présente parmi nous.

Que la fête commence et que le souvenir ne s’efface jamais!

 

Muboledi

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26 février 2018

Manoka vs Mouanko: de l’or dans les eaux. Les saveurs malimba en font baver plus d'un. Par Alliance NYOBIA

 

manoka

Lire le propos du Ministre Motaze dans le journal "Defis actuels" du 26/02/18

 

La pêche de la palourde très prisé génère de solides revenus pour des familles, la commune et des acheteurs venant d’horizons divers.

 

poisson-malimba

De l’or dans les eaux de l'embouchure de la Sanaga

 

Une cinquantaine de pirogues immobilisées sur le plan d’eau. De temps à autre, un occupant plonge, puis réapparaît pour lester sa barque d’un chargement. Avant de replonger dans le fleuve Sanaga qui s’écoule, indifférent à tout cet entrain. Nous sommes à Malimba, un des 28 villages de l’arrondissement de Mouanko, dans la Sanaga-Maritime. Mais surtout, un des centres de la pêche à la palourde, un mollusque comestible. Une activité très ancienne dans le coin. Adèle, restauratrice rencontrée plus tôt en matinée dans la commune, assure que les coquillages qui tapissent le sol de son espace de travail datent de plus de 40 ans. Emile, qui lui donne un coup de main, jure qu’il y en a qui sont sortis de l’eau il y a 100 ans. Ils sont au moins d’accord sur un fait : le business date.


Une raison simple à cela : il rapporte. Et plus le temps a passé, plus l’intérêt pour le filon a crû. Non seulement pour les fils et filles de Mouanko, mais aussi pour des personnes venant d’ailleurs, pour  acheter les fameux « Bissondas » – nom des palourdes en langue Yakalag. C’est que leur chair est appréciée, et réjouit les consommateurs à Edéa, Douala et au-delà. En outre, toute une autre activité s’est développée autour de la coquille de palourde. Riche en calcaire, elle est prisée par les fermiers et autres producteurs de provende, qui la mélangent à leurs aliments pour volailles, afin d’assurer à celles-ci des os plus solides. Un des acteurs rencontrés à Malimba déclare avoir par exemple des clients à Bafoussam.
De fait, les dizaines de sacs de coquillages déjà dressés ce matin de mai, attendent preneurs. Outre ces sacs, qui se négocient au bord de l’eau à 8000 F pièce - mais atteignent les 10 000 F l’unité une fois rendus à Mouanko - il y a ces tas. Ces monceaux, ces amas, ces monticules de coquillages derrière certains desquels pourrait se dissimuler un véhicule pick-up. « Ça, c’est le million », déclare, le doigt pointé vers une masse particulièrement impressionnante de coquillages, un responsable de la commune qui nous guide. Et pendant que la plage semble ainsi saturée, d’autres pêcheurs sont encore à l’eau, notamment la cinquantaine susmentionnée.
« 50 ? s’étonne un piroguier sur la berge, fil de nylon à la main. Il y a plus de 100 pirogues ! Beaucoup sont de l’autre côté », dit-il en indiquant du bras la végétation qui borde l’horizon, et nous empêche de voir cet « autre côté » du fleuve où l’activité se pratique également. Sur le tableau visible en tout cas, les chercheurs de palourdes continuent d’alterner plongeons et retours en surface.
Jean Yong, lui, n’est pas allé à l’eau, aujourd’hui. Du moins, il est juste au bord du fleuve, à écoper sa pirogue avec une écuelle de fortune, avant de puiser dans le tas de palourdes fraîches ramenées et former lui aussi un tas. Outre les chiffres relatifs aux coquilles, la chair de palourde fumée rapporte entre trois et cinq mille francs la tine – ici, une mesure d’environ cinq litres. Certaines femmes viennent en acheter en provenance du Gabon et du Nigeria.
De janvier à juillet, c’est la haute saison, la période des vaches grasses. L’argent coule alors à flots. Seulement, il n’est pas toujours bien géré, estime Alfred, fils de la localité en service à la commune. Si certains ont pu se réaliser, construire une maison et constituer une famille, d’autres basculent dans la folie saisonnière. D’éphémères unions maritales se forment, la java est de mise, ponctuée d’excès de toutes sortes… jusqu’à ce qu’appauvrissement s’en suive. A ce qu’il semble, la mairie essaie, depuis des années, d’amener les pêcheurs à se regrouper. Question qu’ils tirent tous des profits durables du filon. Il ne faut pas prendre la palourde à la légère.

Vision

Bertrand Ngouno: « Je revends mes coques aux fermiers »
Acheteur

« Je suis plus spécifiquement dans la coque de palourde, depuis sept ans. Avant, j’en rachetais à Bonamikano, à Douala. Mais depuis quatre ans, je viens acheter à Mouanko. Je revends aux fermiers, aux producteurs de provende. L’activité marchait bien. Malheureusement, nous avons connu un coup d’arrêt, lié à la grippe aviaire. Il y a aussi le problème des taxes, au niveau de la mairie et de l’administration en charge des eaux et forêts. A ce problème des taxes, s’ajoutent les coûts des contrôles routiers. Certains acteurs pouvaient réaliser des bénéfices de 150 000 F par semaine, quand les activités avaient bonne tournure. Maintenant, ceux-là tournent autour de 50 000 F, par semaine. »

Marie Kilama: « L’activité nourrit des familles »

Vendeuse de palourdes

« Les palourdes se vendent bien, même si l’activité ne tourne pas toute l’année. Nous les revendons à Douala et à Edéa, notamment. J’attends le retour du pêcheur, j’enlève les palourdes de leurs coquilles et je les apprête. En général, je vends des palourdes fraîches. Soit sur un site que nous avons au bord de l’eau, soit hors de Mouanko. Il m’est arrivé d’aller écouler mes produits à Douala, au quartier Nyalla, où les ventes sont organisées mardi, jeudi et samedi. Ou alors au Camp Yabassi, où les ventes s’effectuent tous les vendredis. Avec deux seaux, il m’est arrivé de réaliser une recette de 30 000 F. Cette activité nourrit des familles. J’ai trouvé ici des gens qui la pratiquent depuis des années. »

 

source: http://neoindependance.canalblog.com/archives/2017/05/31/35338971.html

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