Quelle place pour les ressortissants Malimba dans le pharaonique projet de Yôyô?

Entre craintes et fierté voici venu le moment de la clarification de l'intérêt général

 

projetyoyo


Par Georges NDENGA (Africa-Info- le 25/01/2010)


L’arrondissement de Mouanko dans le département de la Sanaga-Maritime, situé à environ 100 Km de Douala, la capitale économique sera-t-il l’Eldorado du tourisme Camerounais ? La question mérite d’être posée au regard de ce qui se prépare.

Bientôt un complexe balnéaire multifonctionnel sortira de terre le long de la belle plage de Yoyo à une dizaine de kilomètres du centre urbain de Mouanko.

Ce projet verra le jour grâce à la coopération entre le Cameroun et l’Arabie Saoudite. Les deux pays ont paraphé il y a près de trois mois deux conventions d’un montant global de 1.000 milliards de francs CFA répartis sur une période de dix ans.

A la cérémonie du 29 Octobre 2009, le Cameroun était représenté par le Ministre de l’Economie de la planification et de l’aménagement du territoire et la partie Saoudienne par une entreprise Américaine basée à Dubai et dénommée Ruvvad.

En plus du bitumage de l’axe Edéa- Mouanko, le projet inclut la construction de quatre-vingts hôtels de classe internationale, un aéroport, deux universités, deux hôpitaux, des collèges, des écoles, des entreprises de cinéma ou de sport sur une superficie de 10.000 hectares. Un projet global qui met l’homme au centre des préoccupations.

Et à ce sujet, 250.000 emplois seront créés pendant la construction et 120.000 autres pendant le fonctionnement effectif sans oublier les effets collatéraux. Les populations riveraines en tireront grand profit avec des postes de travail assurés, des formations garanties, des enseignements qui feront éviter l’exode rural que l’on connaît aujourd’hui et enfin des rentrées de devises. L’aliénation des terres que ces populations redoutent n’est rien par rapport aux avantages attendus.

Cependant, ces populations souhaitent être associées à la mise en œuvre du projet et être relogées dans une zone permettant aux riverains de poursuivre sereinement leurs activités de pêche au cas où on viendrait à les déplacer. Leur plus grande crainte réside néanmoins dans le fait de voir leurs enfants mis à l’écart comme cela s’est passé dans la mise en œuvre du projet du pipeline Tchad- Cameroun. Une appréhension que le gouvernement du Cameroun devrait prendre en compte.

Yoyo est à côté de Kribi, les deux seules plages Camerounaises où l’on trouve du sable doré, un sable très apprécié des touristes étrangers et très recherché par les amateurs d’évasion. D’où l’espoir de voir débarquer au Cameroun trois millions de touristes de toutes les nationalités.

Toutefois, par rapport à Kribi, Yoyo est loin, très loin de l’axe routier Douala-Edéa ; à l’abri du bruit et des émanations de gaz carbonique. Loin d’être un désavantage cela constitue un avantage car il est prévu la construction d’une route bitumée entre Edéa et Mouanko. Ce qui évitera aux touristes l’inconfort des routes en terre.

La construction de cette route ne fera pas que des heureux ce d’autant plus que les populations dans la zone préfèrent bâtir leurs maisons le long de la route. Mais ne dit-on pas qu’on ne fait pas les omelettes sans casser les œufs ?

L’autre avantage de Yoyo est la proximité du fleuve Sanaga, celle de la réserve de faune Douala- Edea ainsi que celle des lacs Ossa et Tissongo qui attireront l’attention des touristes et constitueront d’autres attractions en plus de celle offerte par l’eau bleue de l’Océan Atlantique.

La Cameroon International Project Company (Cip) créée pour la circonstance et qui sera chargée de la gestion de la zone spéciale de Yoyo bénéficiera de tous les avantages fiscaux prévus par la réglementation en vigueur ; des avantages qui seront étendus aux autres entreprises qui s’installeront dans la zone à cause du projet.

Le pilotage au même titre que le capital social de ce projet seront l’œuvre des deux actionnaires principaux.

C’est dire que le projet de construction du complexe balnéaire que beaucoup avaient déjà classé au fond des tiroirs n’est plus qu’une affaire de mois pour passer du rêve à la réalité. Et c’est l’économie Camerounaise qui va en tirer grand profit.

Georges NDENGA (Africa-Info)