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Le tribunal a rejeté la demande formulée lors de l’audience de jeudi.

Me Yen Eyoum n’a pas pu convaincre Yap Abdou, le président du tribunal, sur la nécessité de sa mise en liberté au cours de l’audience d’hier. Pourtant, l’accusée a exposé pendant près d’une heure sur ses droits en tant qu’ancienne cliente de l’Etat, qui jusqu’ici d’après ses dires, lui doit encore des honoraires.

Une incursion dans le fond du dossier qui n’a pas été du goût de Yap Abdou. Le président du tribunal l’a interrompue net dans ses propos, histoire de recadrer les échanges dans cette affaire  qui oppose le ministère public, Etat du Cameroun et ministère des Finances à Me Lydienne Yen Eyoum, avocate, Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances (Minefi), Henri Engoulou, ancien ministre délégué au Minefi chargé du budget, Célestin Baleng Maah, huissier de justice. Après s’être assuré de la présence des différentes parties à l’ouverture de l’audience, le président du tribunal a constaté des manquements dans la constitution du conseil des accusés Abah Abah Polycarpe et Lydienne Yen Eyoum. 

Il a également relevé des irrégularités dans la constitution de la liste des témoins de la défense. Des points qui ont empêché le démarrage effectif des débats. 
 
Me Lydienne Yen Eyoum, décidée à présenter ses arguments jusqu’au bout, a réorienté la discussion sur la question de sa nationalité, point épineux de son dossier. Pour elle, ce débat n’est rien d’autre qu’un faux débat car, elle reste et demeure Camerounaise en dépit du fait qu’elle soit naturalisée Française.

De ce fait, l’avocate a émis des inquiétudes quant à son passeport, confisqué à l’ouverture de l’enquête. De même, elle a souligné les difficultés qu’elle observe à rencontrer certaines personnalités impliquées d’une manière ou d’une autre dans son dossier, du fait de sa détention. Aussi, a-t-elle sollicité sa libération provisoire, lui permettant de rassembler les preuves de son innocence.

Alors même que la loi ne prévoit pas qu’une personne ayant commis des délits passibles d’une peine d’emprisonnement à vie en bénéficie. Le président du tribunal a alors rejeté sa requête, autorisant uniquement des sorties spéciales sur permission. L’affaire a été renvoyée au 25 février, question de permettre au conseil de l’accusation de régulariser sa constitution et à la défense d’établir une liste de témoins.
 
D’après l’ordonnance de renvoi, Me Lydienne Yen Eyoum, Polycarpe Abah Abah et les autres, sont accusés d’avoir entre 2004 et 2008 retenu frauduleusement 1. 077. 000. 964 F de la somme totale de 2.155.971.868 F reçue de la BEAC et destinée au Trésor public. Tous plaident non-coupables et sont en détention préventive.

source : http://camer.be/31511/11:1/cameroun-cameroun---affaire-lydienne-yen-eyoum-et-co-accuses---pas-de-liberte-provisoire--cameroon.html