Ce petit haïtien est touché par l'épidémie de choléra qui a frappé son île à la suite du terrible séisme de janvier 2010. Cette maladie cause des diarrhées, à l'origine de très nombreux décès d'enfants. © United Nations Photo, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

Un nouveau scandale est-il entrain de se nouer sur la rive gauche sur fond de combine, de gros sous et de plages?

Oui, si on en croit aux querelles relatives à l'acaperement de 20 hectares indûment cédés à l'oligarque Mme Lewat (aidé par les services départementaux du cadastre) sur la berge paradisiaque de Mouhenjè.

Il n'est plus besoin de rappeller qu'au Cameroun l'alternative crédible à Ngoyè( Kribi) et à Seme beach(Limbe) se trouve en territoire Malimba. Une situation qui attire les convoitises les plus folles et les plus démésurées et qui étale au grand jour les renoncements et les reculades communautaires que nous comptabilisons à chaque assauts exterieurs.

Il y a lieu de dire que cette ènième perte d'une grande partie de notre littoral signe à coup sûr le recul décisif de notre vocation à nous identifier à notre terre. La seule survivance intacte à ce drame demeure certainement l'idéalisme de beauté developpée autour des plages Malimba. Nimbée par la qualité de son son sable, de ses coqillages et de ses richesses perlières, cette gracieuse berge voit pourtant échouer sur son rivage l'inéfécondité industrieuse des ses fils et de ses filles. Près de 125 ans après avoir été violenté sur ces mêmes lieux par l'armée coloniale du 2eme Reich, l'amertume qui marque le souvenir de Malimba n'a rien perdu de son âpreté. Elle refait surface sur le thème de la terre et de l'abandon. Elle est le lieu du sous-entendu, du non-dit, de l'esquive. Comme s'il y avait un (ou plusieurs) cadavre(s) dans le placard.

Un comme si un malheur ne suffisait, pas il en fallait un deuxieme:

Malimba bruisse aussi de colère suite à une perte de territoire au profit des Yassoukou. Ne se contentant plus d'avoir annexé au milieu des années '80 le village mitoyen dit Epaka, les frères Yassoukou s'approchent lentement mais sûrement de Ngola. Dernier acte en date, l'installation triomphale d'un des leurs à la notabilité villageoise de Jongo non loin de Mombo mwa Lotè. La rivalité entre les deux clans se serait ravivée suite l'opportunisme manifeste et avoué des Yassoukou de s'immiscer dans interstices laissés libres par la querelles inter-malimba au sujet de la Chefferie Supérieure. 12 ans après; nous continuons à payer le prix fort d'une division qui n'aurait jamais dû voir le jour.    

Le sens de l’honneur et de la dignité est depuis trop longtemps absent de notre communauté. Notre indifférence à la déception et à l’indignité dues à notre individualisme aveugle devient insupportable, voire suicidaire pour Malimba. Nos villages doivent-ils encore continuer à supporter le poids des rancunes, de la méchanceté, des hostilités et des rancœurs qui caractérisent le jeu des élites anarchistes, des élus obnubilés par leur propre égoïsme et défendant des intérêts souvent loin d’être pluriels?

Mais une autre lecture des évènements peut aussi s'imposer - si ce n'est s'oser. Et si dans ce renoncement plat, les Malimba voulaient donner un habillage honorable à une incapacité dictée avant tout par un lâche soulagement: celui d'être enfin débarrassé du poids et de la pression de développer sa propre facade maritime pour jouir sans entraves des mirages évanescents de l'exode rurale vers Edéa, Douala ou Yaoundé? Sinon, comment comprendre cette incontinence de lâchetés et d'inerties à gauche comme à droite de l'embouchure de la Sanaga?

Maintenant, avec un peu d'instropection et de clairvoyance, on est en droit d'admettre que Malimba afflaiblit n'a fait, en cédant ses territoires, que consentir à l'inévitable. C'est à dire confimer son impréparation face à la bataille féroce pour l'auto-developpement. Malgré ce sévère diagnostic, ce n'est pas une raison pour refuser de scruter les circonstances qui ont fait de la tragédie de Malimba Océan l'un de ces drames Sawa qui continuent, longtemps après sa conclusion en 2003, à développer des conséquences comme la braise sous les cendres d'un feu mal éteint.

Mouboledi