Itutu et la langue malimba : les dessous d'un travail de titan!
Dalvin Itutu , "YA DI’OKWE MULIMBA"
Et la sémantique Malimba retrouva ses éclats!
Bigno nina mo bwam! Ce discret BonaMondon pourrait bien être linguiste Sawa d'obédience malimba que tout un peuple attend depuis la disparition du Pasteur Itondo Martin lui aussi Malimba et co-auteur du mythique livre " Nimèlè bolo". Certains éditeurs africanistes contactés par Malimba Avenir verraient en lui un pur diamant du verbe bantou. Ils pourraient être confortés dans leurs convictions au vu l'activité intellectuelle de cet homme dont le nom polysémique (à un accent pret) désigne à la fois une espèce de bois et la fumée en langue malimba. Itutu est déja pluriel à l'aune de son patronyme! le hasard fait des choses !
Le blog Malimba a fouillé pour vous sa corbeille à papiers. La trouvaille est de taille et la voici sous vos yeux!
Une pensée profonde pour notre communauté à l’heure où certains esprits remuent ciel et terre pour la faire disparâitre. A l’heure où certains de nos frères et sœurs s’accusent les uns les autres, au lieu d’unir toutes nos forces. C’est maintenant plus que jamais que, chacun de nous doit apporter sa contribution pour rétablir l’ordre, la paix, l’unité, la prospérité que nos parents ont connus il y a encore quelques années. Oublier un peu nos aspirations égoïstes.
Beaucoup de langues africaines sont en train de mourir. Que dire de la nôtre va-t-elle survivre ? Il serait difficile de dire oui, maintenant que nous ne parlons à nos enfants qu’en d’autres langues. Il est bien de connaître les langues étrangères mais il est mieux de connaître d’abord sa langue maternelle. C’est ce que font les autres peuples, les français, les anglais, les allemands, les espagnols… parlons Mulimba aux notres à la maison, dans nos réunions de famille. Chantons en Mulimba, prions en Mulimba, prononçons nos discours en Mulimba, que nos enfants écrivent des œuvres en Mulimba … que nos écoles enseignent le Mulimba.
Je voudrais à travers ce document apporter ma modique contribution, lancer un appel à tous ceux qui peuvent donner leur concours afin de faciliter l’apprentissage de notre langue. « Ya di’okwe Mulimba » n’étant que le début d’un travail qui restera perpétuel, nous vous remercions d’avance de nous adresser vos suggestions qui permettront de l’améliorer régulièrement.
Notre devoir est de valoriser notre culture, d’aider tout le monde qui le désire à mieux nous connaître. Pour ma part je pense que l’un des moyens d’y parvenir consiste à leur apprendre notre langue. Nous devons aussi multiplier les voyages dans nos villages dans nos terres afin de nous imprégner de plus en plus des autres aspects de notre culture.
Nous devons aussi penser à occuper nos terres ainsi, ILIMBE demeurera peut-être toujours.
Bonne lecture à tous.
Itutu D.
ESQUISSE DE L’APHABET DU MULIMBA.
L’aphabet du mulimba comporte 26 lettres dont 8 voyelles a e e i o o u y, 18 consonnes b c d f g h j k l m n p r s t v w ẅ. les lettres y et w ẅ peuvent quelquefois remplacer des voyelles, ce sont des semi voyelles ex : imwakapole ou imuakapole : petite pluie ; pew ou peu (la dextérité); paw ou pao (le défrichage).
A a comme en français baba (kala : tiens ; kalati : le livre)
B b implosive (ɓ) sauf devant « i » et « u » (bata : ajoute ; bito : les femmes ; boy : le miel)
C c tch: icaka : itchaka : abandonner
D d implosive (ɗ) sauf devant « i » et « u » : idomede : bousculer ; diho : l’oeil
E e é : épée, pépé. tete : tétè : père ; yeye : yéyè : mère
E e è : air paire : icekede : itchèkèdè= couper ; pesepese : le divers.
F f comme en français, fa, faux : fe yamo o mulomba : enfonce le dans le troue. (Cette lettre est très rarement utilisée).
G g uniquement gu : ṅgadi : n’gadi : le fusil ; ṅgoa : n’goa : le cochon.
H h toujours aspiré : ihono : atiédir ; ihoho : nier
I i comme en français il, lit : iloi : (iloï) : l’insulte.
J j dj en français : janjo : le chasse mouche ; jolo : le derrirère du crâne
K k comme en français : kola ; ikokotede : faire les cents pas, faire une petite promenade.
L l comme en français le, la les : elolo : le canard ; elolope : la mousse verte des marécages
M m comme en français ; modo le soir ; muno : le doigt
N n comme en français nul, noir : nono : la/les fourmi(s)
ń ń ny ou gne ńaka : gnaka : le zébu ; ńolo : le corps
ṅ ṅ ng comme dans boxing, jogging (ŋ phonétique) : njeṅ : ndjeng : la cloche ; ingoṅ : ingong : la pomme d’Adam.
O o comme en français oter, pot ; bopolopolo : une écorce amère.
O o o ouvert porte, bol ; popo : la papaille, bopoto : une région à Malimba.
P p comme en français papa, pape ; bopolopolo : une écorce amère ; dipapa : la feuille, la queue du poisson.
R r Lettre d’emprunt.
S s toujours ss, et jamais z ; isoso : issosso : piquer ; son : pardon
T t comme en français tata, tater : itata : garder ; tetete : toujours et toujours.
U u toujours ou ; huwe : houwé= le poisson
W w jamais comme v mais plustôt comme dans wawa, wapiti ; wana : apporte ; ipawa : défricher ; wamehe : fait vite (Semi voyelle ipupwa : ipoupoua : époussetter ; ngwaban : ngouaban : la goyave ; boṅgwaban : boṅgouaban : le goyavier)
ẅ ẅ différent de w mais entre w et v : wei : le souffle ; wei : le soleil ; muwei : l’aine.
Y y semi voyelle iyadi : l’accouchement
Yobo : la peau ; yoho : le dauphin ; yoha : le cadet direct dans l’ordre de naissance.
Le Q et le Z ne s’utilisent pas.
PRONOMS PERSONNELS :
Pronoms |
Mulimba |
Français |
nà : je |
Nà tòpó mulimba |
Je parle malimba |
ò : tu |
ò ma tòpó mulimba |
Tu parles malimba |
|
à : il / elle |
à tòpó mulimba |
Il / elle parle malimba |
dì : nous |
dì ma tòpó mulimba |
Nous parlons malimba |
ò / binyo o : vous |
ò ma/binyo o ma tòpó mulimba |
Vous parlez malimba |
bá : ils / elles |
Bá tòpó mulimba |
Ils/elles parlent malimba |
LES TONS
Accent aigu : á é í ó ú pour le ton élevé
Accent grave : à è ì ò ù pour le ton descendant
Accent circonflexe â ê î ô û pour les ton montant
Barre sur la voyelle ā ē ī ō ū pour les tons moyens
Un demi-cercle ouvert vers le haut ă ĕ ĭ ŭ ŏ pour le ton montant puis descendant (tons acendants).
Il est très important de respecter le ton quand on prononce un mot afin d’éviter de dire autre chose que ce qu’on voudrait exprimer ou même de dire quelque chose qui n’a aucun sens.
Exemple : ítutu : la fumée
itútú : la bosse
ìtùtù : le raphia
idà : les vivres # idá manger
ibà : dépecer # ibá : épouser /coucher avec # íba : voler, chaparder.
QUELQUES VERBES
Iába : rendre visite, s’enquérir de l’état de quelqu’un
Iádèdè : agrandir
Iádòwa : être grand
Iàhà nina : chercher les poux
Iàhàne (muto) : faire câlin à son conjoint
Iàkwà : gratter
Iàkwĕ : se gratter
Iálá : se réconcilier, calmer la dispute
Iàlà : aller
Iálabe : répondre
Iálala : produire beaucoup de fumée (feu de bois)
iálamene : être étroit, serré, occupé, pressé
iàlanè : emporter
ialane : partir avec quelque chose
iámama (njou) : barrir (l’éléphant)
iámama : gémir de douleur
iámba (yŏṅgo) : mettre plein d’épice dans une soupe
iámba (bwaṅga) : pulvériser (comme un aérosol)
iáńa (huwe) : écailler (le poisson)
iàna : lutter ; bagarrer ; se disputer
iáńa : sortir
iáńaâńane : sortir à tort et à travers
iáńaâńane : ecailler n’importe comment
iànaânane : lutter contre tout le monde sans distinction
iańane : écailler le poisson avec quelque chose
iáńane : sortir avec quelque chose
iáńane : sortir le avec quelqu’un
iàndà : acheter
iándá : demander la main, choisir, élire
iàndàne : acheter chez quelqu’un de particulier
iándáné : rester longtemps sans voir quelqu’un ou quelque chose
iàndèhè : vendre
iàndèhèbè : être vendu par quelqu’un
iàndèhènè : vendre à quelqu’un
iáne : étaler (le linge, le filet)
iánehe : faire étaler
iánebe : être / avoir été étalé
iànehe : provoquer la bagare
iyàṅehe : faire mépriser, dénigrer
iáńehe : faire sortir, faire sortir pour quelqu’un
iańehebe : avoir été sorti
ianèhènè : pousser à la bagare (peya e m’anéhéné beduwa)
ianehene : se disputer, se querreller
iańehenĕ : se faire sortir mutuellement
ianehené : user de tous les moyens pour atteindre un résultat
iańeya : apparaître à quelqu’un
iańeya : écailler le poisson pour quelqu’un d’autre
ianeya : lutter pour quelqu’un d’autre
iáṅga (huwe) : frire
iàṅgala : balancer sur une liane
iàṅgalede : faire balancer, accrocher
iàṅgalede : faire vite
