moukeke

 

 C'est l'automne avant l'heure. Ces mois sont pour Malimba, la période où des grands arbres perdent leurs feuilles. Des plus jolies aux plus prometteuses tout y passe dans le flots des larmes et des déchirements. Nos familles sont ces arbres. Jacques Moukékè en était une des feulles.

Lundi matin lorsque j'ai été alerté par Stéphane Lothin de la triste annonce du décès de notre frère des suites d'un accident de la route. J'ai réalisé l'ampleur du vide qui venait s'ajouter au fossé dans lequel la mort d'Ekumbasi nous a plongé.

De petits esprits sans épaisseur d'âme ont tenté, il y a un peu plus de 9 ans ,de nous dresser en chien de faillance. Ils n'y sont pas parvenus. Ils auraient probalement dû commercer par nous ôter définitivement cette envie si forte de nous parler et de fraterniser. Ils n'y ont pas pensé à leur grand désarroi. Pire encore pour ces personnes, elles se sont arythmértiquement réduites à l'étiage de leur petit sentiment qu'elles avaient pour cet honnête homme.

De leur expérimentation, Jacques et moi avons tous les deux trouvé la force et le temps d'en rire l'an dernier. J'espère qu'entre hypocrisie et truculence, les plus reservés observeront au moins un délai de décense avant le bal tant redouté des médisances sur son dos.

Les morts, c'est bien connu, ont toujours des épaules plus larges pour tout supporter par le malheur de leur absence.

Mais que ceux qui me lisent ne s'y trompent pas. Je préviens à l'attention de tous. Il n'y aura pas de capillarité entre nous, les éprouvés. Que les choses soient ainsi claires. Je ne conjuguerai pas ma peine avec celle de ceux et celles qui auront, tout au long de ces dernières années, sentimentalement rudoyé Jacques par la voie du chantage affectif contre moi et les miens!

Avec d'autres, je veillerai sur la  mémoire de Jacques autant qu'un fidèle lieutenant peut le faire . Car pour ceux qui l'ont connu comme moi, il était pour beaucoup une référence. Un vrai cadeau de la nature. Son ton particulier et si familier à la reception d'un coup de fil nous était si sympathique et le rendait si attachant. Nous en sommes aujourd'hui oprhelins.

A chaque fois que les Sawa du Bénélux ont eu besoin de la lumière, des idées innovantes, de bonnes volontés et de petits bras pour donner libre cours à leur projets, ils ont trouvé Jacques et son indéffectible disponibilité sur leur chemin.

Fédérateur au tréfond de lui-même, il n'était pas cet homme qui partiquait un malimbanisme ou une malimbanité dévoyée, loin de la raison et de la réalité. Il cherchait sans cesse à comprendre ce qui lui échappait dans notre difficulté à nous developper. C'était un auto-entrepreuneur rigoureux qui rythmait les initiatives de ceux qui le sollicitaient. Un homme concret.

De trahisons méthodiques en meurtrissures, il aura su braver à Bruxelles la perfidie de certaines personnes pour ne succomber que devant le froissement de toles d'un carambolage. Insoutenable douleur pour moi, ce jeune frère à qui il a parlé 10 minutes seulement au téléphone avant d'embarquer dans cette maudite mécanique.

Emu et aux larmes, j'ai une pensée attendrie pour ses enfants, pour sa tante “tanti Nono” et ses frères , nièces et neveux du Cameroun.

Je ne m'empêche pas d'imaginer la tristesse de sa progéniture, lors qu'en âge mûr, elle saura vraiment qui a été ce père tant apprécié de tous.

C'est l'automne avant l'heure. Ces mois sont pour Malimba, la période où des grands arbres perdent leur feuilles. Des plus jolies aux plus prometteuses. Jacques tu n'es pas tombé comme une feuille jaunie par le temps. Tu t'es envolé vers l'au-delà comme une feuille d'eucalyptus. Fière et heureux d'avoir contribué à donner des voyelles de joie autour de toi. C'est une grâce de t'avoir connu. Un bonheur inéfable.

 

MOUBOLEDI