Droit de réponse
 
DROIT DE REPONSE RETRANSCRIT ET EXPEDIE PAR LE FRERE LOTHIN STEPHANE
 
Bonjour à tous ! 

 

Je viens auprès de vous, vous rassurer par rapport à la lettre de mon frère Thomas Moukoko.
J’ai moi-même contacté par téléphone la fille du Dr BEKOE Christophe, notre oncle.
Elle m’a apporté des réponses à mes interrogations. 

 

La fille du Dr BEKOE est notre cousine, une ressortissante Malimba, qui est née à Yaoundé, a grandi et effectué son primaire, collège et Lycée à Yaoundé.
Elle est venue en France faire des études et est aujourd’hui  diplômée d’une Grande Ecole de Commerce.

 

Elle vit et travaille ici en France.
Mlle BEKOE est la secrétaire de l’Association TAR-JA qui a mis en place certaines actions auprès des Communes de Dizangué et de Mouanko.
Et maintenant, elle souhaite mettre en place un projet de plus grande envergure permettant d’assurer des emplois pour les populations de sa région d’origine : la Sanaga Maritime. 
Voici le projet de Mlle BEKOE :

 

-       Acquérir 2000 HA de terrains
-       Mettre en place sur ces terres des plantations d’hévéa et/ou de palmier à huile
-       Dans ces 2000 HA, mettre à la disposition une surface de 50 HA dont les revenus seront attribués à la destination des populations locales
-       Tout ceci en :
o   Modernisant ou en mécanisant les méthodes culturales
o   Formant les populations locales aux techniques agricoles modernes 
Dans ce cadre, Mlle BEKOE a donc demandé à son père actuellement au Cameroun de se rapprocher des autorités locales pour leur soumettre son projet. 
Aussi, le Dr BEKOE s’est rapproché des chefs de villages et des notables de plusieurs  communes et les communes suivantes ont été sélectionnées par ordre de priorité :
-       Priorité 1 : Canton de Malimba (Mlle BEKOE a insisté sur ce canton car, elle souhaite que ce soit d’abord ses frères et cousins directs qui puissent bénéficier de ce projet)  => 2 000 HA
-       Priorité 2 : Canton de Ndogbianga (où Mlle BEKOE a aussi des cousins et pour lequel elle a fortement apprécié le très bon accueil du projet par les populations et autorités locales)  => au moins 2 000 HA voire 4 000 HA
-       Et éventuellement, Nyanon : Canton de NKongwalla (si pour une raison ou une autre, elle n’avait pas obtenu l’accord d’une des populations et des autorités locales des 2 premiers Cantons).  => 4 000 HA
-       Les ressortissants et les autorités locales des ces 3 cantons ont été conquis par ce projet et ont souhaité mettre en place ce projet avec elle.

 

Aussi, Mlle BEKOE souhaite rentrer s’installer au Cameroun avec sa famille (son mari souhaite travailler avec elle sur ce projet).
Aussi, elle a décidé d'utiliser ses économies produites de son travail en France et éventuellement même, de faire un crédit afin de :
-       Recruter le personnel nécessaire,

 

-       Organiser le nettoyage des terres,

 

-       Mettre les terres en production,

 

-       Organiser le suivi de la production, etc. 
Pour conclure,
Cette parcelle n’a pas été attribuée à des étrangers, mais à notre cousine qui souhaite apporter de l’emploi dans notre région, et nous permettre de développer notre village.
De plus, les chefs du village et les notables ont donné à Mlle BEKOE un délai de 5 ans pour mettre en place ces plantations sur la parcelle, si cela n’est pas le cas, ils récupèreront la parcelle et l’attribueront à quelqu’un d’autre. 
A mon avis, ce serait bien que ce projet soit réalisé dans notre village, car il permettrait de créer de l’emploi et de développer notre village.
Et en réagissant de manière négative nous prenons le risque que Mlle BEKOE réalise son projet sur d’autres terres.
Pour toutes autres précisions, n’hésitez pas à revenir vers moi. 
Bien cordialement,

 

Stéphane LOTHIN.
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REACTION DU FRERE

Thomas Moukoko

 

Bonjour à tous .

 

Je suis très heureux des premières réactions , suscitées par ma lettre à Malimba Avenir .

 

Je souhaite seulement que les interventions des uns et des autres ne prenne pas la forme  d’invectives visant particulièrement l’un d’entre-nous, mais que chacun puisse réfléchir à ce  problème crucial  qu’est la spoliation de nos  terres agricoles par les pays riches .

 

Vous allez « donner du travail » aux paysans en les exploitant sur leurs propres terres ?

Et les revenus produits par ces terres , qui va les encaisser ?

 

Pourquoi les paysans ne pourraient-ils pas exploiter leurs terres eux-mêmes ? et en utiliser les revenus pour se développer ?

 

Car les bénéfices vont revenir exclusivement aux investisseurs qui ne consentirons que des miettes à leurs ouvriers . Leur but est bien de s’enrichir ;c’est ce qui se passe dans le monde entier .Or cette richesse c’est bien la notre . C’est notre patrimoine que d’autres veulent exploiter … à notre place .

Prenez l’exemple de la banane camerounaise . Les bamilekée  se sont enrichis jadis,parce

 qu’ ils étaient  propriétaires de leurs plantations .Tout le bénéfice de ce que rapportaient leurs bananes leur était destiné . Allez donc demander aux ouvriers des bananerais gérées actuellement par les « blancs », qui leur ont   « offert du travail » ce qu’ils pensent de leur condition. C’est la logique du profit !

Ces investisseurs ,quand ils ont mis la main sur ce filon qu’est la terre agricole entendent bien

en tirer le maximum d’argent ! Et c’est la course à la rentabilité : emploi de pesticides , manque d’équipement , petites rémunérations, etc , etc… Et tout cela , pour produire une agriculture d’exportation !

 Lorsqu’on aura utilisé toutes ces terres pour l’hévéa, sur quelles terres va-t-on cultiver le manioc et le maïs qui nous nourrit ? Il faudra importer , c'est-à-dire  continuer à s’appauvrir. .Là gît donc le cercle effroyable de la spoliation des terres agricoles.

 

Les « capitaux baladeurs » des pays riches s’accaparent des terres des paysans pour y pratiquer une agriculture d’exportation , du coup on y produit plus sa nourriture ,qu’on est obligé d’importer en s’endettant de plus en plus, pour finir par être complètement assujetti par la dette . A l’échelle d’un pays ,ça conduit à des catastrophes que l’on sait   .

 

Si l’ONG  TAR-JA était une ONG des malimbas , ça se saurait .

 

Mademoiselle BEKOE ( j’espère bien pouvoir l’appeler par son prénom, car c’est tout de même aussi  ma fille ), ne s’est jamais présentée aux habitants de malimba gare pour discuter avec eux d’un projet d’exploitation agricole qui peut leur bénéficier.

Mais le Docteur BEKOE est bien arrivé au village pour demander des terres qui vont être exploitées par des Etrangers , non par les Malimbas.

 

 Les bénéfices engendrés  ne seront jamais la propriété de nos populations mais reviendront bel et bien aux bailleurs qui auront investi dans ces travaux .

 

Mademoiselle BEKOE n’a pas encore fait don de l’ONG  TAR-JA aux malimbas .

 

 

IL N Y A PAS , A  MALIMBA GARE  2000 HA DE TERRES DISPONIBLES .

 

Une telle acquisition ne peut se faire que par voie d’ EXPROPRIATION .

 

Le Docteur BEKOE le sait  .Et c’est son insistance à vouloir coûte que coûte réaliser cette

opération qui met les gens en colère ,la question foncière étant très tendue .Or la majorité de nos paysans ne possèdent pas de titre foncier ,faute de disposer de l’argent nécessaire à son acquisition . Chacun s’accroche à l a terre qui le fait vivre.

Et comme ils n’ont pas de titre foncier , à quel prix leur prendra t- on leur bien ? 

 

Quand les villageois auront cédé leurs terres et qu’ils auront dilapidé le peu d’argent qu’ils en auront tiré (si jamais cet argent leur parvient ) , dans quel village  iront-ils trouver de nouvelles terres ? Et  nos enfants  iront vivre et cultiver la terre où ?

 

 

 O   MATANDA !

 Réfléchissez – y .

 

Merci à tous . 

Muhango mu be na binyo.

 MAHAMA O CHRISTO .